Un manuel de grammaire ne remplacera jamais la logique propre des verbes du troisième groupe français. « Rejoindre » en est la preuve vivante : à peine croit-on saisir la règle qu’une terminaison inattendue surgit. Pourtant, une fois la mécanique comprise, tout devient limpide : il suffit de s’appuyer sur le radical « rejoign- » et de lui accoler les finales spécifiques du passé simple, à la manière de « craindre » ou « peindre ».
Pourquoi le verbe rejoindre pose-t-il problème au passé simple ?
Beaucoup de francophones hésitent au moment de conjuguer rejoindre au passé simple. Ce verbe du troisième groupe, discret mais coriace, déjoue les automatismes. Ce n’est pas la routine des désinences qui déroute, mais bien la façon dont le radical se combine avec des finales peu intuitives. Même les personnes qui maîtrisent la conjugaison se laissent piéger par cette terminaison « -gnit » à la troisième personne du singulier, loin de la régularité rassurante des autres temps.
On pourrait croire que « rejoindre » se conjugue comme les verbes les plus connus. En réalité, il suit le modèle de « joindre », « craindre » ou « peindre », mais ses formes ont gardé une originalité qui ne saute pas aux yeux : « je rejoignis », « tu rejoignis », « il rejoignit ». Ce n’est pas le genre de conjugaison que l’on devine spontanément : la forme du radical et la terminaison s’accordent selon une logique ancienne, héritée du latin, mais loin d’être transparente quand on rédige une dictée ou qu’on lit un roman.
Le verbe, conjugué à l’indicatif passé simple, exige donc une attention accrue. Pour s’y retrouver, il faut bien séparer le radical « rejoign- » des finales qui varient au fil des personnes. La proximité sonore du « g » et du « n », surtout dans « rejoignit », accentue cette impression d’étrangeté. Les grammaires rappellent parfois la parenté avec les anciens verbes latins, mais cette explication n’aide guère lorsqu’il s’agit de remplir une colonne de conjugaison.
Pour clarifier, voici les éléments qui contribuent à ce casse-tête :
- Les temps usuels, présent, imparfait, passé composé, empruntent des terminaisons familières.
- Le passé simple, en revanche, introduit des finales inédites, sur un radical qui ne bouge pas.
On comprend mieux pourquoi la conjugaison du verbe « rejoindre » au passé simple reste un terrain d’embûches, même pour ceux qui chérissent la langue française. La régularité apparente masque une subtilité qui réclame, à chaque usage, une vigilance renouvelée.
Les formes à connaître pour maîtriser rejoindre au passé simple en un clin d’œil
Pour mémoriser la conjugaison du verbe rejoindre au passé simple, rien de tel qu’un aperçu synthétique des formes. L’analyse des terminaisons du troisième groupe permet de lever le doute : une fois le schéma assimilé, la mécanique s’impose.
| Personne | Forme au passé simple |
|---|---|
| Je | rejoignis |
| Tu | rejoignis |
| Il/elle/on | rejoignit |
| Nous | rejoignîmes |
| Vous | rejoignîtes |
| Ils/elles | rejoignirent |
Gardez en tête la séquence : rejoignis, rejoignis, rejoignit pour le singulier ; rejoignîmes, rejoignîtes, rejoignirent pour le pluriel. Ce motif, identique à celui de « joindre » ou « craindre », incarne la logique du troisième groupe. L’accent circonflexe sur le « î » au pluriel marque la bascule vers ces formes propres au passé simple.
La précision reste le meilleur allié. Savoir distinguer le présent (« je rejoins ») du passé simple évite bien des erreurs, notamment dans les exercices scolaires ou l’analyse de textes classiques. L’entraînement, la vérification dans un dictionnaire et la confrontation régulière à ces formes à l’écrit ou à l’oral permettent de s’approprier la conjugaison. À chaque terminaison, une nuance différente du récit se dessine, et le temps prend tout son relief sur la page comme à la voix.
Maîtriser le passé simple de « rejoindre », c’est s’ouvrir la porte du roman, de l’histoire, du récit vif. Un détail sur une ligne, et c’est toute la phrase qui bascule dans le temps du conte.

